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Brioude - Hotel du Doyenné

Dans le cadre de la réhabilitation de l'hotel du Doyenné et de sa transformation en centre d'art contemporain, la ville de Brioude et la région centre font appel à Abraxas pour concevoir la mise en lumière de ce batiment classé monument historique.
brioude Hotel du Doyenné
Le joyau de Brioude n’a pas livré tous ses secrets. L’Hôtel du Doyenné, dont les travaux devraient finir en mars 2018, est rempli de merveilles.

Les travaux ont commencé en septembre 2016 et devraient se terminer en mars prochain, pour une ouverture du centre d'art contemporain de Brioude en 2018. Sur les 600 m ² de bâtiment de l'Hôtel du Doyenné, situé place Lafayette, cinq salles d'exposition verront le jour pour un montant de 2,32 millions d'euros (dont 80 % sont subventionnés, en partie par la Drac et la mairie). Si les Brivadois n'ont pas vu l'intérieur du bâtiment depuis près de trente ans, tous connaissent l'existence de l'Hôtel du Doyenné, à l'origine érigé pour accueillir la demeure des doyens du chapitre de Brioude. Sa « carcasse », forcément un peu moins. Pourtant, elle recèle de trésors… Il faut dire qu'une partie du bâtiment, dont le plafond armorié du XIII e siècle, est, depuis 1956, classé Monument historique.

Découvertes authentiques

Dès le début de la rénovation, des découvertes historiques ont rendu la rénovation d'autant plus passionnante : des carreaux de céramique du XIII e siècle, des peintures de la même époque… Mais « dans ce genre de bâtiment, les découvertes ne sont jamais finies », insiste Claire Gaillard, conseillère municipale déléguée au patrimoine. Passionnée par le projet dont elle est chargée, l'élue explique : « On a redonné aux pièces leur volume, remodifié les niveaux » pour en faire ressortir toute l'intensité. Le bâtiment est rénové en profondeur : cloisons et planchers ont été cassés puis renforcés, murs et fondations consolidés… En réalité, lors de la construction, les fondations du bâtiment n'avaient pas été étudiées pour supporter une telle charge, aboutissant à une fissure importante. Des fondations ont alors été montées où elles n'existaient pas, comme en dessous du mur.

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Stefan Manciulescu, architecte en chef des Monuments historiques, estime que dans ce « bâtiment à la stratification complexe », il s'applique en effet également à « réparer les bêtises des XIX-XX e siècles ». Grâce au travail des différentes entreprises du bâtiment, le passé architectural et artistique du Doyenné (plafond en bois peint du XIII e siècle, fresques du XVII e, parquets du XVIII e…) pourra enfin être valorisé.

Annalisa Odoardi, restauratrice d'œuvres d'art qui s'occupe de la restauration de ces fresques, plafonds (chaque pièce en a un différent) et mortiers anciens, estime que c'est « un bâtiment emblématique de la ville qui a été sauvé », tout en permettant de trouver de vraies pépites nichées un peu partout, à l'image des graffitis découverts sur le mur d'une salle du dernier étage ou du plafond en bois peint. Le bâtiment répond maintenant aux dernières normes en matière de sécurité, et un ascenseur a été ajouté pour le bien-être des futurs visiteurs.

1001 richesses

Grafittis. Les équipes de restauration ont trouvé plusieurs graffitis sur le mur d'une salle du dernier étage, dont ce visage dessiné de profil, daté du XV e siècle. On trouve aussi des oiseaux (XVI e), des écritures (XV e également) ainsi qu'un plan, non daté, puisque cassé et reconstruit ensuite.

 

Plafond. Le plafond en bois peint, dit plafond à la française, date, selon les estimations, de la fin du XIII e. Avec ses plus de 400 blasons aux motifs variés (géométriques, végétaux, animaux…), il recouvre la grande salle du premier étage. Son ancienne restauration de 1981, jugée trop interventionniste, nécessitait un nettoyage. Les équipes ont donc procédé à une "dé-restauration" pour consolider les parties en péril et harmoniser les mauvaises retouches. La frise décorative, qui restera en place, a été datée de 1809.

Carreaux. Des carreaux de pavement en céramique datés du XIII e siècle ont également été retrouvés. Des éléments font même partie de la collection actuelle au British Museum !

 

Source: La Montagne


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