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Exposition "Ceija Stojka" à la Maison rouge

Engagés dans la mise en lumière de l'exposition "Black Dolls", nous avons visité l'exposition "Ceija Stojka, une Artiste Rom dans le Siècle" qui était en cours d'accrochage dans l'autre partie de la maison rouge. Boulversés par la puissance de la peinture de cette artiste, nous ne pouvions refuser la demande d'aide d'Antoine de Galbert.
Ceija Stojka

Ce n'était pas prévu, mais lorsque Antoine de Galbert nous a demandé, trois jours avant l'ouverture, si nous pouvions faire quelque chose pour l'éclairage de l'exposition "Ceija Stojka, une Artiste Rom dans le Siècle"; nous ne pouvions refuser de l'aider.

 

Ceija Stojka est née en Autriche en 1933, cinquième d’une fratrie de six enfants dans une famille de marchands de chevaux rom d’Europe Centrale, issue des Lovara. Déportée à l’âge de dix ans avec sa mère Sidonie et d’autres membres de sa famille, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen.

C’est seulement quarante ans plus tard, en 1988, à l’âge de cinquante-cinq ans, qu’elle ressent le besoin et la nécessité d’en parler ; elle se lance dans un fantastique travail de mémoire et, bien que considérée comme analphabète, écrit plusieursouvrages poignants, dans un style poétique et très personnel, qui font d’elle la première femme rom rescapée des camps de la mort, à témoigner de son expérience concentrationnaire, contre l’oubli et le déni, contre le racisme ambiant en Autriche alors que l’extrême droite, le nationalisme trouvent de plus en plus d’électeurs.

Son témoignage ne s’arrête pas aux textes qu’elle publie (quatre livres au total entre 1988 et 2005), et qui très vite lui attribuent un rôle de militante, activiste pro-rom dans la société autrichienne. À partir des années 1990, elle se met à peindre et à dessiner, alors qu’elle est dans ce domaine également, totalement autodidacte. Elle s’y consacre dès lors corps et âme, jusqu’à peu de temps avant sa disparition en 2013. Son œuvre peinte ou dessinée, réalisée en une vingtaine d’années, sur papier, carton ou toile, compte plus d’un millier de pièces. Ceija peignait tous les jours, dans son appartement de la Kaiserstrasse à Vienne.

 

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